La dyscalculie définit un trouble des acquisitions numériques et arithmétiques et décrit une insuffisance du « sens du nombre » chez l’enfant. Mais si l’on restreint celle-ci au seul trouble des apprentissages et des capacités numériques et arithmétiques, la reconnaissance d’un trouble de la cognition mathématique permet d’envisager une prise en charge plus globale d’un enfant en difficulté dans ses apprentissages mathématiques (Cet élargissement théorique a d’ailleurs été validé dans le programme de la formation initiale du Master en Orthophonie et dans la NGAP des orthophonistes).

Les formations proposées se situent à l’interface de la théorie et de la pratique orthophonique et s’inscrivent dans une méthodologie clinique pouvant se qualifier de neuro-constructivisme.

 En effet, si l’on tient compte des recherches expérimentales et données théoriques actuelles sur le nombre et sur le calcul, les praticiens se doivent aujourd’hui de repenser leur approche rééducative. En effet, celle-ci ne peut plus être abordée comme elle le fut au cours de la seconde moitié du 20ième siècle, en se référant quasi exclusivement sur le point de vue épistémologique développé par Piaget et ses collaborateurs :

Il est nécessaire aujourd’hui de dépasser la notion de logico-mathématique et de s’intéresser au domaine plus large (et plus complexe) de la cognition mathématique (dans laquelle s’insère le concept de dyscalculie), d’autant qu’il convient d’intégrer dans cette approche des notions plus heuristiques telles que l’inhibition, la vicariance ou encore l’analogie.

La démarche rééducative se doit donc d’être rigoureuse et doit profiter des apports les plus récents provenant des neurosciences et des disciplines comme la neuropsychologie, la psychologie du développement, la psychologie cognitive, la linguistique ou encore la didactique des mathématiques.

  • PORTRAIT:

Orthophoniste en libéral en région Franche-Comté. Titulaire d’un DEA de Linguistique, Sémiotique et Communication et d’une Maîtrise de Psychologie Clinique, il est actuellement chargé de cours sur la cognition mathématique à l’Université de Paris VI (UCPM/Pitié-Salpêtrière). Il a animé des modules de formation à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation (Université de Genève) et à Louvain-la-Neuve (Belgique) sur le thème de la dyscalculie développementale. Il est d’ailleurs régulièrement sollicité pour la formation continue des orthophonistes et logopédistes sur le thème de la prise en charge des troubles de la cognition mathématique.

Depuis 1994, Alain Ménissier a également écrit de nombreux ouvrages (« Lire et agir », « Recto verso », « Penser en action ? Agir en pensée ? », « Je suis dyscalculique »), ainsi qu’une trentaine d’articles parus dans de nombreuses revues spécialisées comme « Rééducation Orthophonique », « Glossa », ou « L’Orthophoniste ». Souvent sollicité pour des conférences, il est intervenu à plusieurs reprises aux Entretiens d’Orthophonie de Bichat, pour présenter une démarche qui se situe à l’interface de la théorie et de la pratique orthophonique.

Il a obtenu en 1996 le prix Stanislas du Festival Audiovisuel de Nancy grâce à sa vidéo-scopie intitulée « La vie cachée de l’invariant de relation : l’orthophoniste mène l’enquête », (Médiathèque Orthoédition ; 45 mn).

De plus, Alain Ménissier est le créateur de précieux matériels pour la remédiation : « Activités Numériques Elémentaires » paru chez Solal, et chez Orthoédition : « De deux choses l’une », « Tout compte fait », « Safari », « Les écureuils », « Au bout du compte », « A pas comptés », ainsi que de deux logiciels intitulés « Point d’interrogation », supports utiles pour appréhender la résolution de calculs et de problèmes additifs et multiplicatifs.

 

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